ISKO - Pratiques et méthodes de classification du savoir à l’heure d’Internet - 26 juin
La question de la classification des connaissances n’est pas nouvelle mais, en raison d’une part de la profusion des sources d’informations électroniques et du développement des dispositifs d’interrogation en ligne - particulièrement les outils de recherche sur Internet - d’autre part, cette question prend un sens neuf.
Depuis longtemps, les mondes de la bibliothéconomie et de la documentation partagent le souci d’organiser et de classifier le savoir. A cette fin, ils ont conçu et développé des systèmes classificatoires spécifiques qui ne doivent être confondus ni avec les taxinomies scientifiques, ni avec les nomenclatures, ni enfin avec les systèmes des sciences proposés par les philosophes même si ils en ont subi l’influence.
Sans remonter jusqu’aux origines des systèmes classificatoires (la logique d’Aristote ou l’arbre de Porphyre), l’histoire des classifications est marquée par les apports de nombreux philosophes tels que Francis Bacon, Leibniz, Diderot et d’Alembert ou encore Auguste Comte qui ont influencé la conception des grandes classifications bibliothéconomiques, notamment celle de Melvil Dewey de 1885 (
Dewey Decimal Classification), celle de Paul Otlet et Henry La Fontaine (
Classification Décimale Universelle) publiée en 1910, ou encore celle de S.R. Ranganathan (
Colon Classification) qui date des années 30-40. Une approche complémentaire propre à la documentation est celle des langages d’indexation fondés sur les thesaurus qui, avec le développement des systèmes d’information documentaire, constituent toujours un outil efficace de recherche d’information malgré les progrès des techniques de recherche fondée sur le langage naturel.
On constate donc que la question de la classification des connaissances n’est pas nouvelle mais, avec la quantité croissante d’informations sur les différentes sphères d’Internet, elle prend un sens neuf. En effet, face téraoctets de données disponibles, Internet renouvelle les enjeux liés à la structuration et l’organisation de l’information :
la construction du sens : pour tenter de faire émerger et de construire du sens à partir de ce désordre informationnel, de multiples outils classificatoires, comme les index, les annuaires, les métadonnées, les ontologies, sont utilisés, de même que des techniques telles que la catégorisation automatique ou la cartographie dynamique et interactive ;
l’accès au savoir : pour pallier le manque d’habilité documentaire des usagers, des outils de plus en plus sophistiqués, utilisant les techniques indiquées précédemment et d’autres encore, visent à orienter l’usager dans la masse de données en prolongeant ses capacités cognitives de recherche, de lecture et d’analyse ;
la personnalisation de l’information : enfin, pour filtrer l’information pertinente, voire stratégique, il importe de disposer de dispositifs susceptibles d’analyser et de modéliser les besoins informationnels propres aux usagers et d’identifier leurs pratiques et comportements informationnels.
Les réponses à ces enjeux sont multiples, issus de la linguistique, de l’informatique, des sciences cognitives et bien sûr des sciences de l’information, qui suggèrent de nouvelles approches et de nouvelles pratiques de classification à l’heure d’Internet.
C’est dans ce contexte que le chapitre français de l’ISKO (
International Society for Knowledge Organization) organise une journée scientifique consacrée aux « Pratiques et méthodes de classification du Savoir à l’heure d’Internet ». S’adressant aussi bien aux chercheurs qu’aux praticiens, cette rencontre est structurée autour de deux thèmes :
l’apport des outils classificatoires pour l’organisation du savoir électronique ;
l’héritage des outils de classification bibliothéconomiques et documentaires à l’heure d’Internet.
Seront privilégiées les communications présentant des réflexions concernant des méthodes ou pratiques innovantes de classification, des démarches conceptuelles ou méthodologiques, et des approches comparatives ou historiques s’attachant à démontrer la spécificité de la classification du savoir électronique.
Les approches strictement techniques n’entrent pas dans le champ de cet appel à communications.
La semaine de la connaissance
ISKO-2006 est une des conférences de la Semaine de la Connaissance, qui regroupera aussi des ateliers et des tutoriels proposés par différentes communautés scientifiques autour du thème de la connaissance en lien avec la définition de supports informatiques. Cette semaine sera un lieu d'échange entre chercheurs et praticiens sur les questions de repérage, d’identification, d’analyse, de description, de représentation ou d’opérationnalisation de connaissances en vue d'assister des activités humaines.
Programme
Le programme est visible
ici.
Thèmes
outils et techniques de représentation du contenu,
structuration et organisation de l’information, des connaissances et des savoirs électroniques,
langages documentaires et classificatoires,
index, thesaurus, annuaires, métadonnées, ontologies,
pratiques, usages, normes et standards.
Calendrier
Date limite de soumission :
1er février 2006
Notification aux auteurs :15 mars 2006
Réception des versions définitives des articles :15 avril 2006
Conférence :26 juin 2006
Formats des soumissions
Les auteurs sont invités à soumettre des propositions d'articles de 10 pages maximum ; chaque proposition sera évaluée anonymement par deux évaluateurs au moins.
Les soumissions seront exclusivement électroniques au format doc ou pdf et devront être envoyés à
widad.mustafa at univ-lille3.fr
Merci de bien vouloir mettre dans l’objet du message « isko-sdc »
Les formats précis de soumission sont disponibles pour Word à l’adresse
http://www.sdc2006.org/proposition article.html
Responsables de la journée
Stéphane Chaudiron, Université de Lille 3, Président d’ISKO-France
Widad Mustafa El Hadi, Université de Lille 3, Vice-présidente d’ISKO-France
Comité de programme
Stéphane Chaudiron, Université de Lille 3
Viviane Couzinet, Université de Toulouse 3
Brigitte Guyot, INTD-CNAM
Madjid Ihadjadene, Université de Paris X
Geneviève Lallich-Boidin, Université de Lyon 1
Fabrice Papy, Université de Paris 8
Jean-Paul Metzger, ENSSIB
Widad Mustafa El Hadi, Université de Lille 3
Jacques Perriault, Université de Paris X
François Role, Université de Paris 5