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Conférence invitée de Viviane Couzinet - Les connaissances au regard des sciences de l'information et de la communication : sens et sujets dans l'inter-discipline
Après avoir repris la distinction faite en sciences de l’information et de la communication entre information, connaissance et savoir, il s’agira dans un premier temps de mobiliser les propositions d’auteurs de la discipline (J. Meyriat, B. Lamizet, Y. Jeanneret …) pour préciser le sens attribué à « connaissance ».
Dans un deuxième temps, quelques sujets (gestion des connaissances, construction et diffusion des connaissances, organisation des connaissances par exemple) devraient permettre de préciser les liens que les sciences de l’information et de la communication entretiennent avec d’autres disciplines et la manière dont elles retravaillent les concepts qu’elles empruntent.
Conférence invitée de Jean Lassègue - L'informatique comme renouvellement de la médiation de l'écrit dans la construction des connaissances
On essaiera de replacer l'informatique définie comme technique de
réécriture
dans le cadre de l¹histoire des médiations écrites rendant possible un mode
spécifique du savoir : la connaissance.
Conférence invitée de Joelle Le Marec - Ce que les collaborations avec les informaticiens font aux
chercheurs en sciences sociales : la réflexivité dans les pratiques
interdisciplinaires.
Il y a loin des pratiques de collaborations souvent informelles et
largement basées sur des consensus et des divergences implicites, aux
formalismes de recherche interdisciplinaire tels qu'ils s'inscrivent dans
les appels d'offres et les fiches d'évaluation des recherches-développement.
Ces formalismes administratifs réfèrent souvent à des modèles spontanés de
la complémentarité, de la synergie, de la division des tâches, qui
constituent un sens commun contre lequel les acteurs des collaborations
interdisciplinaires peuvent proposer la construction de connaissances sur
les pratiques de recherche.
Conférence invitée de Silvia Gherardi - The practice re-turn in organization studies
Since the 1980s, learning and knowing in organizations have been subject to lively and sometimes heated debate in the field of organization studies. More recently there is a form of new convergence around the so called Practice-Based Studies (PBS) of learning and knowing in organizations. It is natural to enquire as to the reasons for this great interest, and explore how the focus on knowing in practice can contribute to a re-framing of the field.
The success of the theme of PBS in organizations resides, I believe, within that complex and variegated intellectual movement that in the social sciences has exposed the limitations of rationalism, and which in organization studies has dismantled the functionalist paradigm from which the discipline sprang. The shortcomings of the paradigm became evident as both scholars and practitioners in organizations came increasingly to realize that the theory was unable to account for contingencies and situational rationalities. Practice then became the topos where situated actions and interactions between human and non-human take place and where practitioners discuss on what make a practice ‘a good practice’.
Several research traditions converge in PBS and contribute to an emerging conception which portrays organizational knowledge as having the following characteristics:
- It is situated in the system of ongoing practices of action.
- It is relational and mediated by artifacts.
- It has both explicit and tacit dimensions, it is always rooted in a context of interaction, and it is acquired through some form of participation in a community of practitioners.
- It is continually re-produced and negotiated, and hence it is always dynamic and provisional.
Conférence invitée de Jean-Luc Wybo - Gestion des connaissances et apprentissage pour la maîtrise des risques et des crises
La gestion des urgences et des crises est une tâche complexe, qui est assurée par la coopération d’un grand nombre d’organismes et d’acteurs. Pour identifier les réponses appropriées aux situations dangereuses, une classification des risques en deux catégories a été proposée (1) : les risques de dommages et les risques de crise. Les risques de dommage correspondent à la gestion opérationnelle des urgences, par application de plans et de procédures. Les risques de crise correspondent à des situations qui échappent à la planification à cause du débordement de l’organisation.
On définit généralement la résilience d’une organisation face à des situations dangereuses comme son aptitude à résister au chaos et à maintenir la situation sous contrôle. A partir de l’analyse d’un grand nombre de gestions d’urgences et de crises causées par des risques naturels ou technologiques, une série de facteurs participant à la résilience des organisations a été identifiée. Ces facteurs ont en commun qu’ils accroissent la connaissance mutuelle des acteurs sur leurs stratégies et rôles respectifs et sur l’évolution de la situation.
La gestion opérationnelle des urgences (au sens de la Sécurité Civile) consiste en une série de boucles de contrôle fermées. Quand plusieurs organismes sont impliqués, ils conçoivent des stratégies et des plans qui définissent les rôles, les procédures et les schémas de coopération à chaque niveau : entre les organismes, entre les services et entre les acteurs. Tant que chaque pièce de ce puzzle est à la bonne place, que les moyens de communication et de coopération sont fonctionnels et que chaque acteur joue son rôle, l’organisation contrôle la situation par un ensemble de boucles fermées : la stratégie correspond à des décisions, qui sont mises en œuvre par des actions et dont le déroulement et les effets sont observés, afin de corriger si nécessaire les actions, les décisions ou la stratégie pour les adapter aux objectifs et à l’évolution de la situation.
A contrario, dans des situations de crise, lorsque l’organisation est débordée, les acteurs vont faire de leur mieux pour ramener la situation dans un état stable et connu, tout en limitant les dommages et l’extension du sinistre, en utilisant leurs capacités d’innovation et leur expérience lorsque les plans ne sont plus applicables ou n’existent pas. Mais en même temps dans l’organisation, des groupes d’acteurs vont se retrouver isolés des autres acteurs, avec un haut niveau d’incertitude et d’autonomie. Le résultat de cette situation est la perte du contrôle global de la situation et le développement d’une série de boucles ouvertes : à tous les niveaux, les acteurs décident des actions avec une information réduite ou imprécise sur la situation et sur l’effet de leurs actions. Quand les acteurs n’ont plus une connaissance suffisante des autres, de leurs objectifs, leurs stratégies et leurs décisions, le risque de crise augmente brutalement ; il y a de plus en plus de tâches en attente, d’informations non transmises, d’incompréhensions entre personnes et d’actions contradictoires.
Pour prévenir les risques de crise et éviter ces difficultés, plusieurs processus peuvent être mis en place pour accroître la connaissance mutuelle des acteurs : l’organisation d’exercices, le partage des informations sur les risques, la formation des acteurs et du public aux actions de prévention et aux gestes qui sauvent, le développement de boucles de contrôle redondantes. La pratique du retour d’expérience joue également un rôle déterminant, car elle permet d’une part d’identifier les dysfonctionnements et les pistes de progrès et d’autre part de valoriser les solutions d’adaptation mises en œuvre en situation de crise.
Ces différents processus seront présentés dans l’intervention, avec des illustrations sur des exemples de risques naturels et technologiques.
(1) Wybo J.L., (2004), Mastering risks of damage and risks of crisis : the role of organizational learning, International Journal of Emergency Management, Vol 2, N°1&2, pp. 22-34
Conférence invitée de Simon Buckingham-Shum - Vers des Outils de Nouvelle Génération pour Assister la Conception et la Réalisation du Discours Hypermédia
Nous approchons les problèmes au travers du discours : en discutant/argumentant avec autrui, ainsi qu’avec nous-mêmes par le biais du dialogue intérieur. Ce discours est, parmi les activités qui nous engagent en tant qu’être humain, une de celles requérant un degré de connaissance le plus élevé, et l’une des plus complexes socialement. Les outils de Discours Hypermédia rendent le discours tangible au travers d’une ontologie de ce discours, d’une notation appropriée, et de services aidant à la connaissance et produits au travers d’une interface intuitive. Ils représentent de nouveaux moyens de lecture et d’écriture des idées en tant que contributions à un discours, mais de ce fait, requièrent également une nouvelle forme de compétence hypermédia. Le travail en cours dans le cadre de l’outil hypermédia Compendium démontre comment un utilisateur compétent peut parvenir à définir des représentations synchrones et asynchrones du savoir contenu dans différents types de discours, sujettes à interopérabilité avec d’autres artefacts dans le cadre d’un même champ de compétences.
Towards Next Generation Tools for Crafting Hypermedia Discourse
We tackle problems through discourse: discussing/arguing with others, and dialoguing internally with ourselves. Such discourse is one of the highest order knowledge level activities in which we engage as humans, and one of the most socially complex. Hypermedia Discourse tools make discourse tangible through a discourse ontology, notation, and knowledge services delivered through an intuitive interface. They are a new way to read and write ideas as contributions to a discourse, but as such, also require a new form of hypermedia literacy. Ongoing work with the Compendium hypermedia tool demonstrates how a literate user can craft synchronous and asynchronous knowledge representations for different kinds of discourse, interoperable with the other artifacts in a community of practice.
Conférence invitée de Monique Slodzian - La terminologie, historique et orientations
Il n'est pas inutile de considérer dans un premier temps l'historique de la terminologie, comme pratique (18ème siècle) puis comme discipline avec l’avènement de « l’âge de la science » au cours de la première moitié du 20ème siècle. La « Conception scientifique du monde » élaborée par le Cercle de Vienne au tournant des années trente, à la suite des travaux de Frege, Russel et Wittgenstein, donne lieu au programme de la Vienna General Theory of Terminology, porté par Wüster, qui créera la première Commission ISO pour la terminologie en 1937. La doctrine terminologique de la VGTT a revêtu les habits de l’empirisme logique, manifestement trop grands pour elle. Depuis une dizaine d’années, elle fait l’objet de critiques directes ou indirectes dans le contexte du débat général sur les ontologies. L’assimilation du terme au concept en ingénierie des connaissances donne une actualité nouvelle au débat. Prennent part à la controverse des
courants, souvent minoritaires, qui relèvent de la philosophie de la connaissance, de la philosophie du langage, de la linguistique cognitive, de la linguistique de corpus, de la sémantique linguistique et de la linguistique textuelle.
Deux courants majeurs sont aujourd’hui en lice :
1. Une terminologie conceptuelle qui se décompose en deux branches principales opposées sur la notion de « concept », la première tentant d'adapter la doctrine de Wüster, la seconde (ontologistes cognitivistes) se fondant sur l’hypothèse d’une capacité innée qu’auraient les humains à appréhender l’environnement réel.
2. La terminologie textuelle s'intéresse au fonctionnement des signifiés dans les textes à caractère technique et scientifique; un courant plus linguistique, principalement représenté par la sémantique différentielle, s’interroge sur la validité d’un usage systématique des relations sémantiques canoniques en construction de terminologie ; et la socioterminologie, qui cherche à observer et à décrire les usages réels dans les discours scientifiques et techniques.
En conclusion viendra une évaluation de l’impact des différentes positions sur les pratiques, à la fois en terminologie appliquée et en ingénierie des connaissances.
Conférence invitée de Michael Baker - Rôle et usage des modèles en Ingénierie des Connaissances et EIAH
Le champ de recherches dénommé « EIAH » (Environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain, ou « AI and Education » en anglais) s’est créé à partir des travaux de Carbonell (1970), sur le développement d’un système informatique capable de mener un dialogue pédagogique dit « socratique » avec un apprenant humain. Dès lors, il s’est identifié en tant que champ « d’application » particulièrement complexe de l’IA et, du côté des sciences humaines, comme un champ des sciences de l’éducation caractérisé par le souci d’élaboration de modèles. Or, au fil des ans, la nature et la fonction de ces modèles se sont considérablement diversifiées, pour trois raisons principales : (1) à cause de l’impulsion des grands bouleversements théoriques des sciences cognitives des années 80 (remise en question du modèle de traitement symbolique cognitif par le connexionnisme, la cognition située, distribuée, …), (2) compte tenu des difficultés inhérentes à l’élaboration et à la validation des modèles, et (3) sous la pression des interrogations sur la pertinence éducative de micro-modèles de micro-domaines d’enseignement.
L’objectif de cette conférence est de mener une réflexion sur les rôles et usages de trois « types » distincts de modèles : le modèle comme composant logiciel, le modèle dans les sciences humaines expérimentales, et le modèle en tant que fondement pour la conception des systèmes. À partir de cette réflexion sera abordée la question des limites des différents modèles, compte tenu de la complexité (au sens fort du terme) des situations d’utilisation et de conception des EIAH impliquant la coopération — et donc l’interaction — entre des acteurs humains. En guise de conclusion seront dégagées de la discussion précédente des perspectives de recherches sur les EIAH, et plus généralement sur et la conception de systèmes supports aux interactions.
Référence bibliographique :
Baker, M.J. (2000). The roles of models in Artificial Intelligence and Education research: a prospective view. International Journal of Artificial Intelligence and Education , 11, 122-143. [Téléchargeable à : http://aied.inf.ed.ac.uk/]
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